CURE à emporter avec Markus Messling
QUAND
OÚ
Institut für Europäische Ethnologie, Humboldt-Universität zu Berlin
Anton-Wilhelm-Amo-Str. 40/41, Raum 408 | 10117 Berlin
LANGUE
ALLEMAND
PROGRAMME
Le pied posé sur la tête d’un pharaon : la statue de Jean‑François Champollion qui se dresse dans la cour d’honneur du Collège de France est devenue une pierre de discorde. Érigée en 1870 par Frédéric‑Auguste Bartholdi, le sculpteur de la Statue de la Liberté, cette œuvre continue aujourd’hui d’interroger par les contradictions de son programme iconographique. Elle se présente à la fois comme un monument héroïque à la volonté de savoir et comme le symptôme d’une conscience du monde en crise.
À partir de cette figure, la discussion portera sur le dernier ouvrage de Markus Messling : Kulturtod und Reparation (dont la traduction française est en cours). Célébré pour avoir déchiffré les hiéroglyphes et contribué à une compréhension renouvelée de l’histoire de l’humanité, Champollion rencontra entre 1827 et 1829 à Paris des membres de la nation osage et constata, durant son séjour en Égypte, l’ampleur des destructions coloniales. Ces expériences entraient en résonance avec le savoir européen du monde auquel Champollion devait sa propre renommée. Le doute qui l’habite, autant que son action, constitue pour Messling le point de départ d’une réflexion sur les fondements sociaux de l’Europe contemporaine.
La lecture et le débat permettront de confronter les points de vue de la littérature, des sciences culturelles, de l’histoire de l’art et de l’ethnologie européenne. Nous interrogerons tout particulièrement les liens entre l’histoire des sciences et la violence coloniale, ainsi qu’entre les diverses formes de mort de la culture et la réparation envisagée comme une pratique culturelle et sociale contemporaine
La rencontre est organisée par la Berlin‑Brandenburgische Landesstelle für Alltagskultur, en coopération avec le laboratoire du Centre for Anthropological Research on Museums, Archives and Heritage (CARMAH), ainsi qu’avec la Berlin‑Brandenburgische Akademie der Wissenschaften.
Andreas Rötzer, éditeur et fondateur de Matthes & Seitz Berlin, prononcera le discours de bienvenue.
Andrea Allerkamp est professeure de littératures d’Europe occidentale à l’Université européenne Viadrina de Francfort-sur-l’Oder. Ses recherches portent sur l’histoire critique de l’esthétique, le droit et la littérature ainsi que sur l’analyse des rêves ; elle a été chercheuse invitée au Centre Käte Hamburger pour les pratiques culturelles de réparation (CURE) à l’Université de la Sarre.
Markus Messling est professeur de langues romanes et de littérature et sciences culturelles générales à l’Université de la Sarre et directeur du Centre Käte Hamburger pour l’étude des pratiques culturelles de réparation (CURE). Il est membre de l’Académie des sciences de Berlin-Brandebourg et de l’Academia Europaea.
Franziska Solte est professeure remplaçante à la chaire d’art et de nouveaux médias à l’Université Humboldt de Berlin. Elle est collaboratrice scientifique à la direction du Forum allemand d’histoire de l’art à Paris et mène des recherches sur les (in)visibilités de la traite transatlantique des esclaves dans l’art français ainsi que dans l’art contemporain.
Jonas Tinius est directeur du Berlin-Brandenburgischen Landesstelle für Alltagskultur et coordinateur des archives et des collections à l’Institut d’ethnologie européenne de l’Université Humboldt de Berlin. Ses recherches portent sur la culture publique et la production culturelle, en particulier le théâtre, les musées, l’art contemporain, les archives et la pratique curatoriale.
