• Recherche
  • Projets de recherche

Les héritages culturels du déterminisme environnemental impérial : géographie, terraformation et changements climatiques en Mésopotamie, 1780-1930

Les inquiétudes concernant l’impact de l’homme sur le climat sont aujourd’hui plus pressantes que jamais. Mais, pendant la plus longue période de l’histoire humaine, c’est l’inverse qui était vrai : ce sont les effets du climat sur les populations qui ont suscité le plus d’inquiétudes. Le déterminisme environnemental – l’idée que le climat façonne les corps et les cultures – a une histoire longue et insidieuse. La pensée déterministe a souvent servi à justifier les empires, même si les agents impériaux savaient également que les paysages avaient depuis longtemps déjà été modifiés, voire « terraformés », pour échapper aux limites environnementales qu’ils imposaient. Il existait donc une tension entre l’idée selon laquelle l’environnement façonne les peuples et celle selon laquelle ces derniers peuvent échapper aux contraintes climatiques grâce à la technologie. Le projet se focalise sur la Mésopotamie, en suivant les empreintes des empires britannique, français et allemand entre 1780 et 1930. En s’appuyant sur des perspectives interdisciplinaires tirées de l’histoire mondiale, de l’histoire des sciences et des humanités environnementales, il examinera un large éventail d’acteurs historiques et de débats sur le climat. Il soulèvera des questions plus générales, telles que : pourquoi les explications déterministes pour rendre compte des phénomènes historiques, de la chute des empires aux mouvements de population, ont-elles si souvent séduit les chercheurs ? Comment les héritages culturels impériaux résonnent-ils aujourd’hui ? Comment, par exemple, le langage problématique entourant les « réfugiés climatiques » ou les projets d’ingénierie climatique à grande échelle, de plus en plus fréquemment évoqués, s’inscrivent-ils dans ces héritages ?

DR. LACHLAN FLEETWOOD
CURRICULUM VITAE

Lachlan Fleetwood est historien des sciences, des empires, de la géographie et de l’environnement. Il a obtenu son doctorat en histoire à l’université de Cambridge en 2020, puis a bénéficié de bourses d’études à l’University College Dublin et à l’université de Yale. Il a ensuite reçu une bourse Marie Skłodowska-Curie à l’université LMU de Munich, où il est également « global fellow ». Son premier ouvrage, Science on the Roof of the World: Empire and the Remaking of the Himalaya, a paru en 2022 chez Cambridge University Press. Il s’intéresse actuellement à l’histoire de l’habitabilité, des empires, du déterminisme environnemental et de la terraformation en Asie centrale et en Mésopotamie.